Angoulême: «Pour en finir avec le cinéma» de Blutch

Le dernier ouvrage du dessinateur entraîne dans un délire essayiste expérimental sur le cinéma qui perd son lecteur en route. Dommage.

pour en finir avec le cinéma

Le cinéma, c’est quoi ? A chacun sa définition. En cinéphile accompli, Blutch apporte sa pierre à l’édifice avec sa dernière bande dessinée publiée chez Dargaud en septembre dernier. Pour en finir avec le cinéma est un véritable hommage au 7e art.

Sauf que l’auteur répond à la question par la négative : « Si le cinéma c’est de l’art, l’élevage intensif, l’industrie métallurgique, le forage pétrolier – ou pire encore, le journalisme – c’est aussi de l’art… ». Et d’ajouter : « Le cinéma c’est la supercherie suprême. La bourgeoisie industrielle qui avance masquée ».

Blutch essayiste

Ce mépris radical et –presque – gratuit sert de méthode à Blutch pour dessiner les contours d’une BD essayiste et expérimentale sur le cinéma. Essayiste car tout au long du livre, le dessinateur tente de comprendre les raisons d’adoration du public pour tel ou tel film, telle ou telle scène. Plus largement, c’est toute l’influence sociale du 7e art qui est soulevée.

Pour en finir avec le cinéma est également une rêverie personnelle et intimiste. Elle est marquée par des séquences de films qui s’enchaînent de manière abrupte. Scènes obsessionnelles d’un Blutch passionné ?

Une démarche trop personnelle

La structure du livre, pourtant éclatée, repose malgré tout sur un fourmillement constant de références. Des Visconti et Lancaster, d’autres Newman et Piccoli… Surtout Piccoli, d’ailleurs, qui est élevé au rang de « l’artiste accompli » ou comparé à « l’Histoire de France ».

Les amoureux du cinéma se retrouveront dans cet écrasement de noms d’acteurs et réalisateurs et dans les figures réalistes de Deneuve, Piccoli et autres. Mais la démarche de Blutch est bien trop personnelle pour que le lecteur puisse réellement y adhérer et se l’approprier. Le livre n’est jamais qu’un récit parfois étouffant des souvenirs et sensations de l’auteur. Reste la beauté du trait du dessin brut et des couleurs douces – traitées en bichromie –, mais ça ne suffit pas.

Blutch, Pour en finir avec le cinéma, Dargaud, sorti le 9 septembre 2011.

Gwendal Fossois

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